Berry Flynn, premier thriller

Berry Flynn, auteure du thriller psychologique « L’Assassin de ma sœur » aux éditions Presses de la Cité

Son cœur avait gardé en mémoire l’ombre portée des ormes, l’odeur des châtaignes grillées que l’on épluche en se brûlant les doigts. Elle s’attendait à passer un doux moment auprès de sa sœur, installée à la campagne, et s’en réjouissait.

Ce qui l’attend, une fois le seuil passé, n’arrive que dans les polars, croit-elle.

Le corps du chien, pendu par la laisse, flotte dans les escaliers. Celui de sa sœur, recroquevillé après la lutte, baigne dans la marre poisseuse de son sang.

Ainsi démarrent et déraillent ces retrouvailles familiales.

Police, enquête, retour vers un passé et des secrets qui l’abasourdissent, elle découvre son ignorance à mesure que le mystère s’épaissit autour de cette sœur, déjà violemment agressée quinze ans plus tôt, sans qu’aucune piste ait conduit quelque part.

Dans la filiation de La Fille du train et autre morceau de choix du genre Domestic noir , ce thriller psychologique, récompensé de l’Edgar du premier roman américain, sans fioriture, file droit vers son but : nous faire quitter de force la réconfortante zone de confort qu’est la famille pour nous basculer dans le menaçant inconnu.

L’Assassin de ma sœur , de Flynn Berry, traduit de l’anglais (américain) par (Presses de la Cité, 272 pages, 20 euros). « L’assassin de ma soeur » © DR

L’extrait qui tue :

Bientôt des voitures de patrouille arrivent, les policiers en uniforme noir se rassemblent sur la route et remontent par la pelouse. Je les dévisage tour à tour. D’une ceinture émanent les crépitements d’une radio. Je sais que l’un d’eux va sourire, mettre un terme à cette comédie. Un agent plante un pieu dans la terre et barre l’entrée d’un ruban, qui oscille de haut en bas à mesure que le rouleau se dévide derrière lui. Les contours de mon champ visuel s’estompent, s’effacent tout à fait. Je suis épuisée. Je m’efforce d’observer les faits et gestes de la police afin de pouvoir raconter tout ça à Rachel.
Le ciel se couvre d’écume, comme si une vague […]